Pensées d'automne
Par une tiède journée d'octobre, sous un ciel moutonneux (mais pas moutonnier) où luit doucement le soleil, dans le silence du causse traversé çà et là par un cri d'oiseau, bercée par une brise légère, je vous écris, cher Lecteur, mes réflexions du jour.
Depuis ma dernière chronique, j'ai fait bien des kilomètres, rencontré bien des gens, vécu bien des émotions, vu bien des merveilles.
Me voici de retour à la maison.
Aux tâches quotidiennes s'ajoutent celles qui découlent de mon voyage.
Trouver une place pour tout ce que j'ai rapporté, livres, vêtements, nourriture, objets divers.
Continuer par écrit ou par téléphone les conversations commencées là-bas.
Reprendre ici celles qui ont été interrompues par ce voyage (j'avais dû partir plus tôt que prévu).
Trouver une nouvelle voiture, car Fleurette est à bout de souffle.
Feuilleter de vieux Télérama récupérés, pour lire quelques articles intéressants, et découper des images qui illustreront mes courriers.
Et en plus, les tâches de saison.
Faire de la confiture avec les nombreux coings qu'on m'a donnés, de la compote avec les pommes, du jus avec le raisin.
Préparer les livres que j'échangerai samedi au troc-livres à Mende, un des événements les plus amusants de l'année ! Et pourtant, j'ai oublié d'aller à celui de juillet ! (le troc-livres n'a lieu que deux fois par an). C'est-à-dire les choisir, les recoller, nettoyer la couverture, vérifier que rien n'y est resté glissé ou écrit. J'en ai déjà un plein carton mais j'en trouverai encore.
Ramasser les derniers haricots du potager, remettre un tuteur aux pieds de tomates qui s'écroulent sous le poids de leurs fruits encore verts (auront-ils le temps de mûrir avant les premières gelées?)
Avant le souper, faire mes courses sous les pins du voisinage et revenir avec une cargaison de lactaires délicieux, qui souvent sont véreux, et de petits grisets, qui ne s'appellent pas "délicieux" mais qui le sont ; tout en regardant de travers les autres champignons de couleurs diverses, qui foisonnent.
Photographier les dahlias généreusement épanouis, superbe harmonie des fleurs rouges devant les pierres grises.
Me demander pourquoi les coings pourrissent avec des cercles concentriques, géométriques, de moisi ; trouver ça magnifique ; les prendre en photo.
Rentrer du bois pour l'hiver. Ça, c'est Jo qui s'en occupe. Avec sa remorque il rapporte des troncs de genévriers cades, il les tronçonne et les empile dans les recoins disponibles (et la maison ne manque pas de recoins). Entre ça et les coings, la maison embaume !
Ainsi, la vie automnale est riche, pleine, généreuse et douce.
Je me dis que nous aussi, Jo et moi, nous sommes à l'automne de notre vie. Nous récoltons ce que nous avons semé.
Est-ce que pour autant, jouir paisiblement de la vie est suffisant, je ne crois pas, surtout quand une bonne partie de la planète est à feu et à sang.
Bien des aventures nous attendent peut-être encore...
Et puis, ça n'a pas de rapport avec l'automne, mais c'est l'actualité d'Utopix : samedi dernier, l'émission de France 5 Échappées belles était consacrée à la Lozère, avec un (très petit) passage sur nous. Bien entendu je voulais voir l'émission, pas seulement pour me voir car je trouve désagréable de me voir à la télé, mais pour voir la Lozère en général, qui est belle partout. Mais pas de chance, au même moment il y avait un match de foot sur une autre chaîne, que Jo a voulu voir. C'est pas grave : on peut voir l'émission sur internet
Si vous ne connaissez pas encore la Lozère, cher Lecteur, j'espère que ce documentaire vous donnera envie de venir ! ![]()